Leurres à brochet : les 50 indispensables

Parmi la multitude de leurres qui peuvent faire prendre des brochets, seules quelques dizaines se détachent nettement du lot. Ce dossier, dont le but est de permettre aux pêcheurs de ne pas se tromper lors des achats, met en évidence des leurres dont la plupart commencent à dater un peu. Ils demeurent des valeurs sûres que, souvent, les créations nouvelles n’égalent pas.

Par Arnaud Gutefin.

La pêche aux leurres connaît un engouement certain de la part des pêcheurs depuis une dizaine d’années en France et un peu partout en Europe. Basée sur un modèle américano-japonais, cette technique consiste à créer des nages de leurres non répétitives qui sont censées surprendre le carnassier. Le brochet réagit très bien à ce principe. Les leurres japonais modernes sont donc quasiment tous conçus sur ce modèle, à l’exception des cranckbaits, des lipless et de certains swimbaits, pour des raisons techniques. C’est l’évolution des premiers poissons nageurs, dotés alors d’une nage régulière et d’une vitesse de nage invariable. Dans les années 1990, les concepteurs japonais ont décuplé la possibilité de nage des leurres. Seiji Kato, le plus doué d’entre eux, avait alors mis au point la plus fabuleuse des gammes de leurres jamais inventée pour le compte de Lucky-Craft. Plus de quinze ans plus tard, les B’Freeze, Sammy, Flash Minnow ou encore le lipless D-15 restent parmi ce qui se fait de mieux. Les brochets ne font pas partie des poissons qui s’adaptent très rapidement à la nage des leurres au point de s’en méfier (le silure est autrement plus doué pour refuser en moins d’une saison ce qu’il voit passer un peu trop souvent).
Les brochets réagissent de façon positive à certains leurres qui leur plaisent dans la mesure où ils sont actifs. Car le plus denté des carnassiers reste très lunatique, alternant de grandes périodes de faible activité et quelques moments de folie au cours de la saison. Dans tous les cas, autant pêcher avec les bons leurres pour mettre toutes les chances de son côté. Ce dossier fait également apparaître que les produits qui traversent les années sans souffrir de la concurrence sont toujours ceux dont les créateurs ne se sont pas contentés de copier l’existant, mais qui ont imaginé un concept nouveau et fait l’effort de le développer.

De la bonne utilisation de chaque modèle :

Un très bon leurre ne l’est que s’il est utilisé à bon escient. Pêcher avec un leurre de surface dans dix mètres d’eau n’est pas très logique. Dans la pratique, les erreurs sont nombreuses et elles nous indiquent à quel point la pêche aux leurres demande de la précision dans l’utilisation des différents modèles. Prenons, par exemple, le cas des chatterbaits, ces jigs ultra-vibrants, si efficaces pour débusquer des brochets qui se tiennent dans des herbiers très denses. En eaux libres, ils font souvent figure d’épouvantail.
Chaque leurre est prévu pour une action précise qu’il faut connaître. Certains doivent être animés en effectuant des arrêts longs et réguliers (cas du B’Freeze et, d’une manière générale, des jerkbaits conçus pour le brochet).
Une récupération sans pause fait généralement chuter les résultats. A l’inverse, d’autres leurres peuvent dans certains cas être ramenés très rapidement sans faire de pause. Il s’agit des lipless, mais encore une fois, dans les conditions bien précises de pêche au-dessus d’un massif d’herbiers et par eaux plutôt “chaudes”. Mal utilisé, le meilleur des leurres ne vaut pas grand chose.


L’intérêt des leurres suspending

Essentiellement dévolu aux jerkbaits, le mode suspending a largement contribué à l’amélioration de l’efficacité des poissons nageurs pour le brochet. C’est ce qui permet de faire des pauses lors de la récupération. C’est un élément déclencheur des attaques. Il faut faire des essais par eaux claires pour comprendre à quel point ces phases d’arrêt sont importantes. Car ici, l’arrêt est partiel. Le leurre continue de vivre. Il pivote, recule légèrement parfois, tourne sur lui-même en fonction du courant ou du poids de la ligne et du bas de ligne, envoie des éclats. Rien de tel pour décider un brochet qui choisira la traction suivante pour déclencher sa charge. Ce dossier ne peut en revanche ignorer les leurres anciens comme les cuillers tournantes et ondulantes qui restent d’une grande efficacité.


Pourquoi 50 leurres ?

Ce dossier, destiné à simplifier les choses, compte pourtant cinquante leurres différents. Ça peut paraître beaucoup, mais en réalité, il n’y en a pas plus de 3 à 6 par catégorie. Nous avons tenu à bien différencier les poissons nageurs des leurres souples, des jigs, ou des swimbaits. En fonction de la saison, certaines catégories sont exclues ou, au contraire, prennent soudain une place de choix. Celle des leurres de surface ne sera utilisée qu’au printemps et en été, par exemple.

Petit glossaire des abréviations

F : leurre flottant
S : coulant (sinking)
SP : qui reste en suspension
dans l’eau (Suspending).
SR : action latérale d’oscillation lente (slow rolling).
MR : action latérale d’oscillation moyenne (médium rolling).
DD : grand plongeur (deep diving).

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