Les baetis de midi

Moins connu que le coup du soir, le coup de midi est pourtant la vraie ouverture de la saison de pêche à la mouche. Durant le début de la saison (mars et avril), c’est souvent le meilleur moment pour pêcher à la mouche sèche. Voici une piste…

Par Jean-Christian Michel

Vers 11 heures, le jour J, les héros sont fatigués, ils regagnent leur voiture pour casser la croûte. C’est tant mieux, car ainsi ils laissent la rivière en paix. Les poissons actifs (quand la température le permet) prennent alors possession de leur domaine et peuvent nous livrer les premières vraies émotions halieutiques de l’année. Si la vallée est ouverte, les rayons du soleil de mars aideront peut-être à gagner les degrés fatidiques qui permettront l’émergence de baetis rhodani… C’est sur lui que les truites sauvages se dérouillent les mâchoires. Souvent timide mais quelquefois plus importante, cette éclosion de début de saison peut durer jusqu’en milieu d’aprèsmidi, avant que ce ne soit au tour du froid de refermer ses mâchoires sur les ailes des éphémères et les doigts du pêcheur ! Les plus belles éclosions se produisent lorsque la rivière est caressée par une pluie fine et douce pendant plusieurs jours. Les truites peuvent alors mettre le couvert, comme lors des meilleurs des coups du soir… mais ce n’est pas toutes les années.
Des baétidés, les rhodani sont vraisemblablement les plus robustes du genre car ils survivent là où d’autres espèces ont disparu. S’il est toujours possible de capturer le premier poisson de l’année en pêchant au fil ou au streamer, un poisson de raccroc n’a pas la même valeur émotive qu’un poisson capturé en ayant compris quelque chose à son comportement alimentaire et à ce qui fait que son monde et le nôtre peuvent se rencontrer. A ce moment, le geste du moucheur mime ces retrouvailles et il ne se réduit plus seulement à la froide mise en oeuvre d’une technique. La pêche n’est pleinement ouverte que quand on a la satisfaction d’observer et de pêcher des poissons en activité… Et pour beaucoup d’entre nous, c’est baetis rhodani qui aide à ouvrir le bal !

Matos et mouches

En grande rivière, cette première pêche à la mouche de la saison a le mérite de nous faire reprendre nos marques. Le nympheur reprendra contact avec son long bas de ligne mais, avec une pointe presque réduite de moitié, les lancers seront bien facilités… la limite de cette simplification étant toujours… le dragage ! Pour les premiers jours de la saison, les farios peuvent se montrer gentilles, et à plus forte raison si les insectes sont bien présents. Dans les secteurs calmes, les imitations qui pêchent bas sur l’eau sont toujours les plus prenantes.
Les petits voiliers en cul de canard font merveille, à condition de ne pas être trop fournis. Si les truites sont actives dans les courants, comme c’est assez souvent le cas dans les rivières du sud de la France lorsque le soleil est au plus haut, on peut utiliser des imitations en hackle de coq réalisées en montage parachute. Ces modèles ont le mérite de pêcher bas et de sécher rapidement lors des faux lancers.

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