Leurres souples, si on vérifiait leur densité ?

Le sujet peut sembler farfelu, voire inutile. Pourtant rien n’indique au consommateur sur les sachets si les leurres souples flottent ou au contraire coulent. Pour toutes les techniques de pêche, ce détail à une grande importance, car il détermine l’équilibre des leurres dans l’eau.

Par Jean-Marc Theusseret

Étrangement, les pêcheurs se soucient systématiquement de la densité des poissons nageurs, mais jamais de celle des leurres souples. De leur coté, les fabricants ne mentionnent pas ce paramètre physique sur les sachets, laissant le pêcheur découvrir si le leurre flotte comme un bouchon ou au contraire coule purement et simplement. Deux leurres de taille équivalente peuvent montrer une densité très différente une fois dans l’eau. En action de pêche, cette différence saute aux yeux. La densité d’un leurre souple influe directement sur sa position dans l’eau, donc sur sa présentation au poisson. En ce qui concerne les montages “weight less” (sans lestage), la densité des leurres est capitale afin d’obtenir l’effet souhaité.
De la densité découle l’équilibre du leurre. Les leurres lourds, qui coulent lentement mais sûrement, sont généralement très bien équilibrés. Ils piquent généralement du nez (pour ce qui est des shads, dont la forme favorise cette tendance). Leur position bien à l’horizontal, lorsqu’ils sont ramenés en surface ou juste sous celle-ci, rend la progression du leurre régulière et précise. Le Sawamura One Up Shad, dont la réputation dépasse largement le Japon, est un shad idéal pour ce type de pêche. Ramené rapidement, il se tient dans la pellicule de surface, mais devient capable de descendre de quelques décimètres pour explorer une trouée dans les herbiers si l’on ralentit la cadence. Les leurres flottants ne peuvent autoriser une telle polyvalence.

Le cas du drop shot

Voici une autre technique où la densité des leurres est capitale dans la présentation du faux appât au poisson.
Le montage dit “drop shot” est, rappelons-le, composé d’un plomb terminal, d’un hameçon simple situé quelques décimètres plus haut sur le bas de ligne, noué sur celui-ci par un noeud palomar. Ainsi la hampe de l’hameçon se trouve à 90° de l’axe du bas de ligne. Un petit leurre souple est alors accroché par la tête sur l’hameçon. Il se trouve donc très mobile, et par conséquent livré à sa seule densité. En théorie, le leurre souple doit se tenir horizontalement lorsque la ligne n’est pas ou peu animée (situation fréquente dans le cas de la pêche du sandre). Un leurre dense coule et vient se tenir le long du fil, devenant alors totalement pacifique.

Et avec les hameçons lestés ?

On pourrait croire qu’une fois installé sur une tête lestée de 20 g, notre leurre souple d’une douzaine de centimètres a confié sa densité par dépit à celle du plomb, beaucoup plus importante. Erreur ! Qu’on pêche depuis le bord ou en bateau, on note des différences importantes de positions des leurres ainsi armés.
Certains leurres peu denses comme le Lunker City Shaker se tiennent la queue en l’air et vu les résultats qu’il permet d’obtenir, on peut dire que ça lui réussit. D’autres comme le Sawamura One Up Shad ou le Keitech Live Impact adoptent une position beaucoup plus horizontale. Pourtant ces deux leurres figurent également parmi les plus recommandables. Si les positions des leurres maintenus en suspension à l’aplomb d’une embarcation peuvent présenter des différences lorsque ceux-ci se déplacent, la différence est encore plus marquée lors des phases d’arrêt. C’est ce qui fait l’efficacité des deux leurres suscités. Au moindre tremblement sur place, ils vivent, tremblent à leur tour de façon très réaliste.
En conclusion, chaque densité à ses avantages et le fait de bien les connaître permet parfois de mieux orienter sa pêche en proposant les leurres de façons différentes. Avec le sandre en verticale, cela ne tient parfois qu’à ce genre de détail. Pour les pêches avec des montages non lestés (brochet ou black-bass), les fabricants n’ont pas encore exploré la piste des leurres souples à densité étudiée spécialement pour obtenir une hauteur de nage précise. Avec ses leurres chargés en sel, Gary Yamamoto fut un précurseur, en proposant des leurres à forte densité qui peuvent se passer de lestage (Senko, Flapping Hog, etc.). Leur succès mondial tient beaucoup à leur action dans l’eau, beaucoup plus naturelle que celle obtenue avec un leurre moins dense et alourdi par des inserts en plomb ou en tungstène. Il reste des choses à mettre au point et c’est plutôt une bonne nouvelle, à condition qu’elles soient clairement indiquées sur les pochettes !

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