Pêche en lac, utilisez un bas de ligne à noeud en fluorocarbone

Nous sommes régulièrement confrontés, en lac, au problème des bas de ligne qui flottent et génèrent des refus à répétition de truites souvent éduquées. Possédant du fluorocarbone dans de nombreux gros diamètres pour la pêche au lancer du bar ou des carnassiers, j’ai décidé il y a plus de trois ans de me confectionner des bas de ligne à noeud avec ce matériau. Ces portepointes bon marché et performants se sont révélés très utiles dans de nombreuses situations.

Par Philippe Collet

Lorsqu’on pêche en lac, il est souvent nécessaire de couler son bas de ligne pour présenter ses mouches de façon optimale.
Le fil flottant sur l’eau crée en effet un relief qui amplifie considérablement sa taille. Posé sur la surface, un 10/100 est aussi visible qu’un 25/100. Faites un jour un essai en plein soleil dans une flaque d’eau peu profonde et regardez l’ombre portée sur le fond par un fil même très fin. Noyez ce fil, vous ne voyez plus rien. Dans une eau calme, nous n’avons pas les contraintes du courant, qui obligent le plus souvent le pêcheur en sèche en rivière à utiliser du nylon et à graisser son bas de ligne pour qu’il flotte. En rivière le bas de ligne ne doit en effet pas couler dans les veines de courant car cela accentue son dragage et provoque des arrachés bruyants. En rivière, le poisson n’a le plus souvent pas trop le temps d’inspecter le montage. Il est posté, ce qui permet de lui présenter la mouche sans le couvrir.
En lac, les poissons ont le temps, ils peuvent surgir de partout et, hormis lorsqu’on peut les voir et anticiper leur trajectoire, il est difficile de leur présenter la mouche en premier. Ainsi, lorsque les poissons sont un peu éduqués, ils montent doucement vers notre mouche et s’en détournent prestement au dernier moment, signe parfois que le modèle ne leur plaît pas, mais le plus souvent qu’ils ont détecté le fil qui flotte à la surface. L’impact des mouches lorsqu’elles touchent l’eau met en alerte les poissons présents sur le secteur et les attire inexorablement. Il faut impérativement que le fil ait coulé avant leur arrivée car ils ne prennent pas souvent autrement. En pêchant correctement, ces poissons curieux peuvent représenter une part très importante des prises.

Couler son bas de ligne

Pour réussir, nous avons recours au fluorocarbone et au dégraissage. Le fluorocarbone, plus dense que le nylon et que l’eau, coule naturellement. Toutefois, dans de faibles diamètres et manipulé avec des doigts toujours un peu gras, il ne parvient pas toujours à percer le film de la surface. La qualité de l’eau a une énorme influence. Il est souvent très facile de couler un bas de ligne posé sur une eau verte ou marron chargée de phytoplancton, alors qu’il est beaucoup plus difficile de couler ce même bas de ligne posé sur une eau cristalline, là où bien sûr c’est le plus utile. La solution du dégraissage régulier à l’aide d’une pâte appropriée est contraignante et a ses limites.

Les avantages du portepointe en fluorocarbone

Réaliser un porte-pointe en fluorocarbone présente de nombreux avantages. Dans les forts diamètres, le fluorocarbone perce facilement le film de l’eau. Le bas de ligne à noeuds dégressif entraîne ainsi très rapidement la partie plus fine de la pointe sous la surface. Ce matériau assez raide permet un bon transfert d’énergie de la soie vers la ou les mouches, qui se posent plus en ligne. Une fois étiré, il reste droit comme un «i» et permet une bonne présentation et une meilleure détection des touches. Ce type de bas de ligne est très économique au regard d’un polyleader ou d’un bas de ligne en queue de rat en fluorocarbone tout fait. Il est de plus adaptable en cours de pêche, en le raccourcissant, par exemple, pour mieux passer dans le vent.


En sèche

Ce type de bas de ligne peut être accroché au bout d’une soie flottante pour la présentation d’une seule mouche sèche. Si l’on pratique une pêche d’attente, on utilisera une mouche qui puisse résister un peu à l’enfoncement, car elle sera fatalement entraînée sous l’eau avec ce fil qui, une fois immergé, coule inexorablement. Si l’on pratique avec de petites mouches, on essaiera plutôt de croiser la trajectoire d’un poisson vu ou pressenti, en posant suffisamment loin devant, en général 2 ou 3 mètres, de façon que le bas de ligne ait disparu sous la surface avant son arrivée. Avec cette technique, la mouche finit plus ou moins rapidement par couler. Restez vigilant, car il n’est pas rare que le poisson choisisse ce moment et seulement celui-là pour prendre. Avant d’arracher, animez doucement votre mouche du bout des doigts sur quelques mètres, cela peut aussi être payant.


En washing line

Cette technique très efficace, qui se traduit « corde à linge », consiste à intercaler une ou deux mouches coulantes, nymphes ou chironomes, entre le portepointe raccordé à une soie flottante et une mouche sèche très flottante ou un booby. Les nymphes se mettent en place très rapidement et restent ainsi suspendues sous le film de la surface. Le fil disparaît quasi instantanément.
Il est ainsi possible, de la même façon qu’en sèche, d’intercepter un poisson en maraude en anticipant sa trajectoire ou en posant à proximité de son gobage.


Avec des soies intermédiaires et plongeantes

Avec des soies intermédiaires, l’avantage de ce bas de ligne demeure sa capacité à transférer l’énergie de la soie vers les mouches et à placer très vite l’ensemble du fil sous l’eau. Il est toujours possible de pêcher avec succès en washing line, surtout avec une soie intermédiaire lente. Pour les soies plus plongeantes, il n’est plus vraiment nécessaire de s’embêter, car la soie coule assez vite pour noyer un bas de ligne constitué d’un simple brin de fluorocarbone souvent de bon diamètre (de 18 à 25 centièmes de millimètre).

La confection du bas de ligne à noeud

Le porte-pointe est réalisé avec des sections de fluorocarbone, dégressives en diamètre et en taille en partant de la soie. Cette dégressivité permet un excellent transfert de l’énergie de la soie vers les mouches. On utilise du fluorocarbone destiné à la réalisation de pointes transparentes, et résistantes à l’abrasion, pour la pêche au lancer avec des tresses. Ces fils sont maintenant présents dans les gammes de nombreuses marques. Nous pouvons citer notamment les marques Powerline ou Varivas, utilisées depuis longtemps par les pêcheurs. Compte tenu de la raideur de ce fil par rapport à celle d’un nylon, ce n’est pas la peine de commencer son bas de ligne en 50 ou 45 centièmes, mais plutôt, pour une soie de 6, 7, voire 8, en 40 centièmes. Ce morceau de fil sera noué sur une chaussette ou, mieux, directement à la soie (pour un meilleur transfert de l’énergie) à l’aide d’un noeud, de type noeud d’hameçon à palette, de trois tours. Un nouveau morceau de fluorocarbone plus fin sera ensuite raccordé au premier avec un noeud baril et ainsi de suite.


Le bas de ligne de base

Le bas de ligne de base sera constitué de 50 cm de 40 centièmes, 40 cm de 35 centièmes, 30 cm de 30 centièmes et 25 cm de 25 centièmes. Soit une longueur totale de 1,45 m. Il sera terminé par une micro boucle pour un changement plus facile des pointes sans modification de sa longueur. Il pourra être allongé en agrandissant les brins ou en ajoutant une portion de 20 centièmes pour les pêches plus fines, avec une sèche notamment ou en washing line léger avec une soie flottante (voir les illustrations). Il peut être légèrement raccourci si l’on doit pêcher avec le vent dans le nez. Pour une pêche en washing line standard à trois mouches, on ajoutera environ 90 cm de 20 à 18 centièmes avant la première potence longue d’environ 20 cm, puis 1 m à 1,20 m de 20 à 16 centièmes avant la seconde potence, et 90 cm à 1 m de 20 à 16 centièmes avant la mouche de pointe. Il ne faut pas trop descendre en dessous de ces diamètres, car les touches peuvent être violentes et les casses nombreuses, surtout sur une soie intermédiaire.

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