De la cohérence d’une boîte à nymphe

Pêche à la nymphe

La pêche à la nymphe est une pêche de simplicité dont la nymphe artificielle n’est que l’élément le plus visible mais sans doute pas le plus important… Pourtant, ce sont bien ces petites créations de plumes et de poils qui obnubilent l’imaginaire des pêcheurs et qui remplissent les revues de pêche, les catalogues et les boîtes. Il y a du fétichisme dans tout cela et une bonne dose de croyance magique en des pouvoirs occultes dont seuls les initiés maîtriseraient l’alchimie !

Plutôt que de vous livrer mes modèles magiques (vous rêvez ou quoi ?) et de vous en mettre plein la vue avec des montages catégorie champion du monde, je vous propose plutôt de chercher à comprendre ce qui fait la pertinence du choix d’une nymphe et donc, la cohérence qui va présider à la construction de votre boîte. Il faut bien comprendre que dans une boîte bien pensée, les mouches doivent prendre sens les unes par rapport aux autres et répondre à des besoins précis. S’il y a une chose dont j’ai horreur, c’est de la bonne âme que l’on croise au bord de la rivière et qui décroche une nymphe de sa boîte pour vous la donner en disant avec une sincère gentillesse : “tiens, prends celle-là, avec elle, j’ai fait des pêches du tonnerre dans les gorges du Pouflon”. Bien évidement, vous ne pouvez pas connaître le lestage du cadeau mais le pire c’est que vous ne savez rien des circonstances et des choix qui, le jour J, ont fait de son machin insignifiant une arme fatale. Ainsi naît cette croyance en un pouvoir occulte des nymphes artificielles au nom de l’idée que ce qui a été bon un jour sera bon toujours. Je connais quelques crédules dont les boîtes à trésors sont remplies de machins glanés ici ou là, au gré des lectures et des rencontres, remisées et multipliées avec une superstition médiévale ! Une collection au petit bonheur, sans savoir. Parfois c’est suffisant… mais rarement.

Alors bien sûr, si vous vous rendez dans les gorges du Pouflon et que vous avez la veine de rencontrer les mêmes circonstances que votre bienfaiteur, il peut vous arriver de faire mouche. Les blogs fourmillent de ces bons conseils au vitriol… mais cette approche atteint vite ses limites car avec des poissons sauvages et des parcours très fréquentés, mieux vaut avoir un coup d’avance qu’un coup de retard. A attendre qu’on vous donne la bonne mouche, vous accumulerez les échecs en regardant réussir ceux qui sont capables de se forger seuls leur expérience et de pêcher juste et précis devant chaque situation. A la pêche comme ailleurs, il y a les humbles et ceux qui ont tout fait et tout vu et s’il faut renoncer à tenter quoi que ce soit pour remettre les seconds dans le sens de l’eau, j’aimerais en revanche faire quelque chose pour les premiers, surtout lorsqu’ils sont débutants et veulent se forger avec humilité leur propre expérience de nympheur. Je reste convaincu qu’il vaut mieux avoir deux modèles de mouches dans sa boite et de savoir comment les utiliser plutôt que d’en avoir dix incohérents.

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